
Stress et burnout
Quand l’anxiété se loge dans nos muscles
Le stress
Le stress est la réponse de l’organisme, à la fois psychologique et physique, face à une situation perçue comme menaçante ou exigeante. Il peut être déclenché ou entretenu par des facteurs internes, comme les pensées ou les émotions, ou externes, comme les événements de la vie. Bref, il nous aide à réagir ; prolongé, il peut nuire à la santé mentale et physique.
La bonne nouvelle, c’est que la façon dont nous percevons une situation influence notre réaction. En travaillant sur soi, sur son souffle et sur son regard, on peut apprendre à moins subir le stress.
Le médecin et chercheur Henri Laborit a bien décrit ces trois réactions possibles face à une agression : le combat, la fuite, et l’inhibition de l’action.
La Gestion du Stress
« On ne peux soigner le stress des autres si on n’établit pas d’abord la Paix en soi en supprimant nous même nos propres dualités » (Bernard Tisné)

Le stress est la réaction de notre corps à des circonstances dans lesquelles il estime avoir besoin de plus de force, d’endurance, et de vigilance afin de survivre et de prospérer.
La santé de l’homme passe par la libre circulation de ses énergies et de son influx nerveux. Le Secret de la santé est de mettre le corps en mouvement et de reposer l’Esprit.
On peut imaginer une rivière qui prend sa source en haut d’une montagne et qui va finir tranquillement sa vie en se jetant à la mer. Tout se passe bien et le jour où pour une raison quelconque un éboulement bloque la libre circulation de l’eau. L’eau continue de couler du fait de la fonte des neiges et un barrage se crée devant l’éboulement. Tant que le barrage résiste tout se passe à peu près bien mais le jour ou le barrage cède la puissance de l’eau accumulée dévaste tout sur son passage emportant les maisons et les arbres autour d’elle.
Dans cet exemple l’eau est notre système nerveux. Tant que notre énergie circule normalement tout se passe à peu près bien. Mais si nous retenons cette énergie par nos inhibitions, la tension s’accumule, et le corps finit par le faire savoir.
La Gestion du stress consiste à apprendre à laisser toujours l’énergie en mouvement sans la freiner par un barrage créé par nous même représenté par nos peurs, nos doutes, nos incertitudes, nos angoisses. Alors que de nombreuses personnes considèrent le stress exclusivement comme une mauvaise chose, il peut en effet être soit positif ou négatif.

Toutes les méthodes pour empêcher le barrage sont bonnes du moment que nous arrivons à briser les blocages psychiques qui créent ce barrage. L’important est d’évacuer les tensions intérieures, car nous avons beau freiner cette énergie avec nos craintes, la poussée continue en permanence car le renouvellement de l’énergie se fait chaque jour.
Dans mon expérience, une grande partie des maux de dos sont liés à des tensions intérieures. Beaucoup de personnes qui consultent me disent : « Je me suis bloqué sans raison. Je n’ai rien fait de particulier. Je me suis levé comme ça. »
Il y a bien sûr aussi les chocs sportifs, ou les mauvaises postures au travail. Combien de gens réellement dans la vie portent de charges très lourdes. Nous ne sommes plus au début du siècle dernier. On ne fait plus le béton à la brouette et les sacs de ciment sont plus légers qu’autrefois .etc…
Combat, fuite ou inhibition
L’homme dans sa vie se trouve toujours confronté à trois situations.
Face à un danger, le système nerveux libère de l’adrénaline, de la noradrénaline et du cortisol. Le cœur bat plus vite, la tension artérielle monte, la respiration s’accélère, et le sang est envoyé en priorité vers les muscles : le corps se prépare à combattre ou à fuir.
- Le Combat face à l’adversité qui peut être dirigé contre son patron, son conjoint, sa volonté de progresser socialement, son entourage, etc…
C’est une obligation de la vie que de combattre. A chaque instant nous combattons pour notre survie. Nous sommes agressés en permanence et notre corps et notre esprit réagissent à chaque instant même si on n’en a pas conscience.
- La Fuite quand on ne sait plus quoi faire et tant qu’il y a possibilité d’éviter le conflit conjoint, changement de travail, de lieu etc… Ce n’est pas gênant et sans conséquence pour l’organisme.
- La troisième solution, l’inhibition, la pire pour l’organisme, celle où l’on se retrouve coincé sans issue, sans aucune possibilité de fuir ou de réagir.

C’est l’état d’inhibition, le créateur de beaucoup de désordre psychique dans l’organisme qui peut aller de la simple « boule à l’estomac, au maux de dos ou à des troubles plus sérieux».
Tout dépendra de l’état physique et psychique de l’individu à ce moment-là.
Quand l’inhibition dure, quelque chose finit souvent par lâcher, à l’endroit le plus fragile : le dos, la digestion, le sommeil… L’organisme a alors plus de mal à faire face aux agressions habituelles que nous subissons tous : bruit, surmenage, conflits, fatigue.
Un exemple : le conflit dans le couple :
Imaginons que vous êtes un couple. Vous êtes en conflit avec votre conjoint et vous vous disputez.
Vous avez trois possibilités.
– La première, vous lui faites face et vous combattez soit en criant, soit en développant des arguments pour vous défendre. Votre corps va développer des substances (adrénaline etc..) qui vous aideront à réagir et il n’y aura pas de désordre dans l’organisme une fois la colère et la situation terminée.
– La seconde solution, vous prenez vos jambes à votre cou et vous vous enfuyez (façon de parler) en claquant la porte et vous allez rejoindre des amis. Cette fuite fera elle aussi que vous n’aurez aucun désordre particulier une fois l’action terminée et que le conflit sera terminé
– La troisième solution, la source de beaucoup de maux de l’homme moderne et des maladies psychosomatiques. Vous êtes soit paralysé par la peur devant votre conjoint, soit parce qu’il vous quitte et vous ne pouvez réagir. Vous n’avez aucune envie qu’il vous abandonne mais vous n’avez aucune solution. Vous subissez totalement la situation car vous ne la voulez pas mais vous n’avez aucun moyen de lui faire changer d’avis. Vous êtes en état d’inhibition totale complètement prostré. Vous êtes paralysé par la peur d’être abandonné. Toutes vos fonctions vitales se mettent au ralenti. Vous êtes en état de choc et sans aucun moyen de réagir. Votre organisme est totalement perturbé.
C’est le début de tous les troubles organiques des symptômes plus ou moins importants selon son état de santé physique et psychique antérieur et la durée de la situation.
Cet exemple peut s’appliquer dans toutes les situations. Le combat, la fuite ou l’état de choc. On peut multiplier les exemples à l’infini.
Un chien vous attaque, vous fuyez en courant, vous vous battez avec lui ou vous êtes coincé dans un angle de mur devant ce molosse complètement paralysé par la peur.
Le point le plus important est la durée de l’inhibition.

Plus elle sera courte et plus vite les symptômes de dérèglements de l’organisme auront des chances de disparaître d’eux-mêmes ou avec une aide médicamenteuse ou manuelle légère.
Mais le problème est que nous subissons bien souvent plusieurs états d’inhibition en même temps. Et cela fait beaucoup.
Les signaux d’alarme du stress
Lorsque notre corps est soumis à un stress trop important, il commence par tirer la sonnette d’alarme.
Si vous subissez un ou plusieurs des signes suivants, il est peut-être temps de réduire les tensions qui vous entourent :
- Fatigue, surtout dès le réveil, qui n’est pas réparée par le sommeil
- Troubles du sommeil
- Anxiété
- Irritabilité
- Nervosité
- Rhumatismes : douleurs articulaires
- Contractions musculaires, notamment les courbatures du cou ou du dos et les crampes
- Troubles sexuels avec une baisse de la libido
- Pertes de mémoire : oubli, erreur
Ce qui se passe dans le corps
Le STRESS a lieu pendant une agression psychologique ou physique. C’est à ce moment-là que le corps va faire intervenir le système hormonal et le système nerveux végétatif.
Au niveau biologique il y a trois sortes de réactions au stress possibles:
- La phase d’alarme : l’adrénaline augmente et le système nerveux sympathique s’active. La respiration et le cœur s’accélèrent : le corps se prépare à agir.
- La phase de résistance : si le stress dure, le cortisol prend le relais. Il mobilise l’énergie de l’organisme et freine l’inflammation pour tenir dans la durée.
- La phase d’épuisement : si le stress devient chronique, l’organisme s’use. La fatigue, les douleurs, les troubles du sommeil ou de la digestion apparaissent.
Quand le stress est résolu à temps, le corps n’atteint pas la troisième phase et tout rentre dans l’ordre.
Au niveau musculaire : les muscles vont être saturés d’informations par le biais du système nerveux ceci afin que l’organisme réagisse vite, il en résulte alors une hyperactivité musculaire qui va générer des douleurs dans différentes régions du corps, des spasmes et des tensions.
Au niveau cardio-vasculaire : rentre en action le système cardio-vasculaire avec une augmentation de la circulation du sang vers les muscles. En cas de non-résolution de ce stress des symptômes sont à prévoir comme des sensations d’oppression, des palpitations etc.
Au niveau digestif : lors d’un stress avec son cortège d’altérations biologiques, l’organisme enclenche des priorités pour le système cardiaque et musculaire. Le système digestif va en pâtir avec comme conséquences une moins bonne digestion et des problèmes de transit…
Le burnout : quand l’épuisement s’installe
Le burnout, ou épuisement professionnel, est l’aboutissement d’un stress chronique qui n’a jamais pu être relâché. L’Organisation mondiale de la santé le décrit comme un épuisement lié au travail, qui se manifeste par une fatigue profonde, une prise de distance vis-à-vis de son activité et un sentiment de ne plus être efficace.
C’est souvent l’état d’inhibition poussé à l’extrême : la personne a tenu, encore et encore, sans pouvoir ni combattre ni fuir, jusqu’au jour où le corps dit stop.
Les personnes en burnout que je reçois arrivent souvent avec le même tableau : une fatigue que le sommeil ne répare plus, un dos et une nuque raides, un ventre noué, et surtout une respiration courte, comme retenue. Elles ont perdu leur rythme et leur souffle.
Le travail sur la respiration et le relâchement du diaphragme peut les aider à retrouver un peu d’amplitude et de détente. Il vient en complément d’un suivi médical, indispensable dans ces situations : le médecin traitant reste l’interlocuteur principal, notamment pour un arrêt de travail ou un accompagnement psychologique.
Comment l’ostéopathie peut aider
Toutes les thérapies vont essentiellement chercher à rééquilibrer et à régulariser le système végétatif généralement le principal coupable des troubles liés à une réaction de stress.
En ostéopathie, plusieurs approches existent pour rééquilibrer le système nerveux :
- L’approche cranio-sacrée : ayant pour cible essentiellement le système nerveux parasympathique.
- L’approche viscérale : ayant pour cible les structures en souffrance du système digestif.
- L’approche tissulaire et respiratoire : celle-ci se fait par le biais du muscle du diaphragme, permettant de détendre les régions sterno-costales et dorso-lombaires en souffrance pendant un stress.
- L’approche ostéo-articulaire : ayant pour finalité d’apaiser les tensions accumulées donc de réguler l’hyperactivité musculaire.
L’ostéopathe peut conseiller et orienter la personne pour l’aider à mieux gérer son stress.
Pour ma part, je travaille surtout par l’approche tissulaire et respiratoire, sur le diaphragme.
Ma façon de travailler : ce que mes patients appellent « autre chose »
Je suis ostéopathe D.O depuis 39 ans. Mais la phrase que j’entends le plus souvent à la fin d’une séance, c’est : « On ne m’a jamais fait ça. »
Je reçois sans blouse blanche, volontairement. Je ne veux pas que la personne se sente face à un technicien qui va appliquer un protocole, mais face à quelqu’un qui l’écoute.
Je parle avec des mots simples. Je ne vous dirai pas que vous avez une « sciatalgie » mais une sciatique. Un nerf pincé, c’est comme un doigt coincé entre la porte et le bâti : tant qu’on ne rouvre pas la porte, ça fait mal.
Je travaille souvent debout, parce que c’est dans cette position que le corps doit retrouver son équilibre. Et je travaille sur le souffle : le diaphragme, le ventre, la cage thoracique. C’est souvent là que le stress s’est logé, bien avant que le dos ne se bloque.
Les techniques classiques me servent à préparer le terrain. Ce qui fait la différence, c’est ce qui vient ensuite : une approche que j’ai construite au fil des années, de mes voyages et de mes rencontres, et qui ne ressemble à aucune méthode toute faite.
Système neurovégétatif, contraction musculaire et équilibre nerveux

Le système nerveux autonome (SNA) contrôle de nombreuses fonctions corporelles et est très sensible aux facteurs de stress externes.
Il détermine si le corps est en mode défensif ou de survie, ou s’il est en mode repos et réparation. Beaucoup de gens vivent aujourd’hui dans un état constant de stress élevé et de sur-stimulation sympathique du SNA (mode combat, fuite ou inhibition).
Notre santé générale, le bon fonctionnement de notre système nerveux, immunitaire et musculaire dépendra du juste équilibre entre le système sympathique et parasympathique ou communément appelé système neuro végétatif.
La récupération se fait surtout lorsque le système nerveux passe du mode sympathique au mode parasympathique (repos, détente et réparation).
Lorsque le corps est dans l’état du système nerveux sympathique, ou combat ou fuite, il est en mode défensif ou de survie, et dans ce mode, nos fonctions corporelles normales sont compromises et ont des impacts négatifs sur notre santé si elles sont maintenues pendant longtemps.
En revanche, lorsque le système nerveux est en mode fonctionnement du système nerveux parasympathique, le corps est capable de fonctionner normalement, ainsi que de se réparer et se régénérer.
Relâcher le stress, ce n’est pas lutter contre lui : c’est redonner au corps son mouvement et au souffle sa liberté. Découvrez ma méthode.
Bernard Tisné
